Valentin raconte ses 5 mois au Togo

Posté le: octobre 26, 2017 Posté par: AHJV Commentaire: 0

Valentin raconte ses 5 mois au Togo

Rapport de mes 5 mois avec l’AHJV-Togo

Valentin Cochain

Après 5 mois passé au Togo avec l’association AHJV-Togo (Association Humanitaire des Jeunes Volontaires) me voici de retour en France pour faire mon rapport sur cette expérience.

Commençons par l’arrivée ! À l’aéroport, j’ai été accueilli par deux membres de l’association qui m’ont tout de suite mis à l’aise lors du trajet jusqu’à Tsévié (la ville où réside l’association). À l’arrivée à la maison de l’AHJV-Togo, une foule de personnes était là pour me réserver un accueil festif avec sodabi (un alcool local TRÈS populaire au Togo), djembé et danse ! (Quoi de mieux pour bien commencer) Il y eut une grande attention de la part de tout le monde pour que je me sente très vite à l’aise et pour que je me considère rapidement comme un membre de la famille AHJV.

Du côté de l’installation, l’hébergement sur place à Tsévié prend la forme d’une grosse colocation avec les autres volontaires et certains gars de l’association. Cette vie en communauté crée une très bonne ambiance pour élaborer et travailler sur les différents projets de l’association et crée également une atmosphère familiale et festive. Quand je suis arrivé, on était 9 à dormir dans la maison et la journée il faut bien compter 5 personnes en plus ce qui fait qu’on ne s’ennuie pas ^^. Tout le monde est super chaleureux, l’accueil génial. Tout est là pour qu’on s’intègre très vite parmi tout le monde. Il y a parfois quelques accrochages mais bon c’est normal quand on vit en communauté et qu’on est toujours les uns sur les autres. En restant 5 mois, j’ai vécu avec différents groupes de volontaires et c’est toujours un moment fort quand quelqu’un que l’on a côtoyé tous les jours pendant un long moment part de la maison. Cela donne bien sûr lieu à de grandes soirées avant le départ ! De plus on remarque que chaque départ (et arrivé) change la dynamique générale car chacun apporte sa pierre à l’édifice et à la famille AHJV.

Parmi les deux projets que j’avais choisis avant de venir, le premier que j’ai effectué est celui intitulé « Animation et soutien scolaire ».

Pour la partie soutien scolaire qui s’est plus apparenté à un rôle de professeur remplaçant, je suis allé durant 3 mois et demi à l’école privé Diderot dans laquelle j’ai donné des cours aux collégiens. Pour les 3e et 4e, je leur enseignais les mathématiques et la physique-chimie. Pour les 6e et 5e je faisais les cours de SVT. Dès mon premier jour à Diderot, je fus frappé par le contraste avec nos écoles françaises. Les élèves se retrouvent parfois à plus de 40 dans des salles ouvertes où il fait TRÈS chaud durant la saison sèche et où les cours sont interrompus lors des pluies de la saison humide car l’eau rentre dans la salle de classe. De plus, il y règne un perpétuel brouhaha venant des autres salles de classe mitoyennes. Autre gros choc culturel, les coups de bâtons infligés par les professeurs aux élèves en cas de débordement ou de notes sous la moyenne (sachant que les meilleures notes tournent autour de 13…). Passé ces premières surprises, je me suis vite retrouvé à faire cours tout seul devant les élèves (surtout ceux de 4e) et je dois dire que j’ai vraiment apprécié ! Même si parfois il m’était difficile (voire impossible) de garder la classe calme, les élèves étaient très attachants, drôles et curieux. Il m’est arrivé de leur faire simplement un cours de questions (eux) réponses (moi) et j’ai pu remarquer qu’ils s’intéressaient à toutes sortes de sujet qu’ils soient politiques, historiques ou scientifiques. Ma relation avec eux était plus amical (c’est surement aussi pour ça que j’avais parfois du mal à faire régner l’ordre) que celle assez autoritaire du professeur que j’assistais/remplaçais ce qui m’a permis de passer de vrais bons moments avec eux.

Le projet d’animation avec les enfants du quartier fut le projet qui m’a laissé les meilleurs souvenirs. On se retrouve face à des dizaines d’enfants âgés de 2 à 14 ans (jusqu’à 80 pendant les vacances !) avec lesquels on organise des jeux sportifs, culturels ou de réflexion. C’est toujours un grand moment de partage avec les enfants et au fur et à mesure j’ai tissé des liens avec ceux venant le plus régulièrement. Tous les enfants sont curieux et motivés pour apprendre de nouveaux jeux ou énigmes ou autres. Ils ont toujours le sourire et même si parfois ils sont un peu (trop) turbulents, les voir s’amuser et sourire lorsqu’on leur propose des jeux efface toutes les difficultés. Je retiens particulièrement la semaine de vacance en avril où nous avions organisé des jeux en équipe fixe sur toute la semaine et fini par une grande chasse au trésor mémorable avec un cortège chantant et riant de plus de 80 enfants !

Deuxième projet pour lequel je m’étais engagé, le « Projet Vert » consiste à aménager et cultiver un champ pour fournir à l’association des légumes destinés à la consommation ou à la vente. Ce projet s’effectue à Kuniko, un village près de Tsévié auprès duquel l’AHJV a déjà réalisé beaucoup de projets. J’y suis allé pour défricher le champ puis pour planter des haricots et du maïs. Ce fut l’occasion de bien se dépenser en travaillant avec les autres membres de l’association, les autres volontaires et les gens de Kuniko pour défricher et planter les semences. Ce fut très gratifiant de voir l’étendue du travail accompli et de voir semaine après semaine les graines grandir pour devenir des plantes. Je suis malheureusement parti avant d’avoir fait la première récolte des haricots mais j’ai pu en voir au bout des tiges.

Durant mon séjour au Togo, j’ai aussi eu la chance de pouvoir faire quelques voyages pour visiter le pays. Que ce soit le voyage à Togoville pour le côté culturel et historique, celui à Kpalimé pour ses lieux naturels grandioses (vallée des chauves-souris) ou encore dans le nord du Togo à la rencontre du patrimoine culturel togolais (et des éléphants !) et nord Bénin avec le somptueux safari, tous ces voyages m’ont permis de mieux apprécier la diversité du Togo.

À titre personnel, je ne regrette pas du tout d’avoir choisi le Togo et l’AHJV pour 5 mois en mission de volontariat. Je voulais du dépaysement et j’en ai eu ! Ce voyage m’a fait découvrir énormément sur moi, les autres et le monde par une immersion dans un cadre totalement différent. J’ai fait plein de rencontres et de découvertes enrichissantes tout en travaillant utilement et sans la pression omniprésente qu’on ressent en France. Ces 5 mois sont passés très (pour ne pas dire trop) vite mais m’ont laissé des souvenirs impérissables