Anaïs: Rapport de 2 semaines de mission

Posté le: janvier 4, 2019 Posté par: AHJV Commentaire: 0

Anaïs: Rapport de 2 semaines de mission

Après un peu plus d’un mois au Togo au sein d’une autre association, j’ai décidé de changer d’horizons et d’effectuer des missions différentes. J’ai donc contacté l’AHJV pour faire deux semaines au sein de leur association. Mon projet principal était celui des « Enfants malnutris ». Pourquoi avoir choisi ce projet en particulier ? Parce que beaucoup d’enfants n’ont malheureusement pas la chance d’être nourris correctement, car leur famille n’en ont simplement pas les moyens ou pour cause d’abandon ou décès de leurs parents. Pouvoir apporter mon aide à des enfants dans le besoin me tenait à cœur, et l’AHJV était une des seules associations à avoir ce projet.

Mon premier moment avec cette association fut la rencontre avec deux membres : Luc et Cléa. Ils étaient venus me chercher à Lomé. Très vite, je me suis sentie à l’aise avec eux. Souriants et accueillants, cette association promettait un agréable soutien. Parce qu’effectuer une mission d’entraide ne doit pas être seulement aider les autres, mais aussi découvrir une nouvelle culture et être bien entouré !
Je suis alors montée dans leur voiture, direction Tsévié, une ville non loin de la capitale. Après un peu moins d’une heure de route, je suis arrivée au siège de l’association. J’ai poussé la porte et j’ai remarqué une dizaine de têtes inconnues qui me fixaient avec attention. Ils m’ont accueillie avec grande sympathie et nous avons passé la première soirée ensemble à discuter et danser, comme on le fait bien souvent au Togo.

Mais, parlons maintenant un peu plus des projets réalisés au cours de ces deux semaines.

Rapidement, j’ai appris la multitude des projets sur lesquels nous pouvions travailler : aide aux enfants malnutris bien sûr, mais aussi bobologie, soutien des enfants de rue, animations… Très vite, j’ai ressenti une grande anticipation à l’idée de pouvoir aider ces personnes dans le besoin.

Il est vrai qu’en si peu de temps, je n’ai pu réellement changer les choses. Mais cela m’a permis de voir davantage la misère qui peut régner dans certaines contrées de ce pays ainsi que l’aide qu’on peut apporter, pas simplement financière, mais également en donnant un peu de son temps et en distribuant des sourires autour de nous.

1- Les enfants malnutris
Pour ce projet, j’ai rencontré de multiples enfants, des bébés essentiellement, qui souffraient de malnutrition plus ou moins sévères. J’ai aussi vu des orphelins de mère et des anciens enfants malnutris pour lesquels l’association effectue un suivi régulier afin de vérifier leur bon état de santé et leur croissance normale.

L’association est en relation avec une infirmière spécialisée dans la dénutrition, Tata Brigitte. Elle s’occupe d’enfants se trouvant dans des cas extrêmes, âgés de 0 à 5 ans maximum. Là-bas, nous effectuons chaque mercredi un suivi de ces enfants, afin de vérifier s’ils ont pris du poids et s’ils ont grandi. Nous aidons aussi certaines de ces familles dans le besoin. Nous leur distribuons des denrées alimentaires et du lait pour les aider à grandir.

J’ai eu la chance de les suivre trois mercredis et j’ai pu voir le développement de certains enfants ainsi que malheureusement la stagnation d’autres.

Par exemple :

 Sarah : 2 ans et demi, faisant 6,3 kg pour 73 cm. Largement en-dessous du seuil de dénutrition, elle souffre de problèmes moteurs et doit suivre des séances de kinésithérapie. La deuxième fois que je l’ai vue, elle avait pris seulement 200 grammes.

 Françoise, une petite de 2 ans qui a perdu son jumeau et souffre de malnutrition grave. Elle est passée de 7,5kg à 7,7kg en 2 semaines.

 Better : un bébé de 4 mois que l’association venait de commencer à suivre. Atteinte de trisomie, elle souffre de malnutrition grave. L’association lui a donné plusieurs boîtes de lait. Mais, elle n’a malheureusement pris que 200g.

J’ai également rendu visite à d’autres enfants à leur domicile pour effectuer leur suivi, distribuer des ravitaillements et leur offrir des vêtements et jouets que des personnes de mon entourage m’avaient donnés. Nous avons par la suite accompagné certains à des rendez-vous médicaux (médecine générale, kinésithérapie, orthophonie, etc.).

Voici quelques exemples d’enfants que j’ai rencontrés au cours de mon séjour :

 Yawavi a été suivie par l’association pour malnutrition. Aujourd’hui, elle a bien grandi mais souffre de malformation des jambes et marche donc anormalement. Elle porte des attelles pour l’aider à se rétablir. Nous l’avons amenée à Lomé pour effectuer un suivi orthopédique. Ce fut une sacrée aventure car cette petite a certain caractère. Elle est parfois obstinée, même si elle nous fait toujours beaucoup rire.

 Concernant Ornella, nous l’avons accompagnée à ses séances de kinésithérapie. J’ai ainsi pu faire la rencontre de sa maman. Comme j’aimerais pouvoir les aider davantage toutes les deux !

 Et puis, il y a Nati, le plus grand des enfants malnutris et aussi, selon moi, le plus attachant. Nati a 10 ans mais, ayant souffert de malnutrition grave et d’une enfance très difficile, il a eu du mal à se développer. Il n’arrive malheureusement pas encore à parler. On espère qu’il pourra bientôt prononcer ses premiers mots ! J’ai eu la chance de pouvoir tout de même observer sa progression, tant sur le point sociable que « vocal ». Cet enfant est un vrai bonheur. Il passe son temps à rire et à nous demander des bisous.

2- Les enfants de rue
Au cours de ces deux semaines, j’ai pu rencontrer les enfants de rue que l’association suit. Ces enfants ont entre 10 et 16 ans et sont déscolarisés. Ils revendent de la ferraille pour gagner un peu d’argent. Nous apprenons au cours de nos rendez-vous (le lundi et le jeudi soir) un peu sur leurs histoires. Certaines sont plus vagues que d’autres, mais tout aussi touchantes. Pour beaucoup, ils ont vécu des moments difficiles mais gardent malgré tout le sourire. C’est merveilleux de voir à quel point ils prennent le bon côté des choses ! Insouciants, ils ne se préoccupent cependant que peu de leur avenir et préfèrent rester chez la dame de la pâte (on l’appelle ainsi de par son travail), une dame qui prend soin d’eux, les héberge et les nourrit. Un véritable ange tombé du ciel !

Le 26 novembre, c’était la Journée internationale des enfants de la rue. Pour cette occasion particulière, nous leur avons proposé de nous rejoindre à la maison, afin de partager un repas tous ensemble et de leur offrir une agréable soirée. Ils étaient ravis !

3- L’association et l’animation

Au sein de l’association, nous accueillons chaque mercredi et samedi des enfants pour l’animation. Il y a également une bibliothèque, afin qu’ils puissent emprunter des livres à leur guise. Durant mon séjour, nous avons entrepris de la réaménager afin qu’elle soit mieux organisée et que les enfants puissent y trouver leur bonheur plus facilement.

Pour l’animation, nous avons effectué plusieurs types d’activités, dont un après-midi maquillage et un de coloriage et collage avec les dons que j’avais récoltés. J’étais ravie de voir les sourires illuminer le visage des enfants présents. Ils ont adoré qu’on leur peigne le visage, malgré nos faibles talents de dessinateurs, il faut l’avouer. Les coloriages sont également une activité phare qu’ils adorent effectuer. Enfin, les petits brillants que je leur ai donnés pour coller sur leurs visages étaient un moyen de fêter Noël avant l’heure. De vraies petites guirlandes vivantes

4- Environnement
Chaque premier samedi du mois, est organisée la mission Togo Propre, l’occasion de nettoyer des parties de la ville. Cette fois-ci, nous nous sommes occupés de la cour de la Direction Régionale de la Police. Cette initiative est vraiment bien dans une ville où les sacs plastiques rongent les sols.

Par ailleurs, l’association encadre un club environnement qui se trouve dans un collège privé de Tsévié, l’occasion d’inculquer les bons gestes aux membres.

5- Bobologie
L’association soigne les plaies de ceux qui ne peuvent pas payer l’hôpital. Je suis allée rendre visite au monsieur de Bolou, accompagnée de Tata qui lui a désinfecté son énorme plaie. Une plaie tout aussi impressionnante que déconcertante, car elle a plus de 10 ans. Je me suis même demandée comment cet homme avait réussi à survivre et à ne pas s’être surinfecté. Par la suite, j’ai appris qu’il a été hospitalisé au CHR de Tsévié. Nous espérons que sa plaie se soigne rapidement !

Et voilà la fin de mon séjour au sein de l’AHJV ! Une expérience courte mais enrichissante !

Cette expérience m’a en effet appris beaucoup de choses mais m’a aussi donné envie de continuer à aider tous ces enfants et cette association, une fois rentrée en France. J’espère qu’ils grandiront correctement grâce à l’aide de l’AHJV.