RAPPORT DE FIN DE CHANTIER D’EVA Janvier 2017

Posté le: janvier 10, 2018 Posté par: AHJV Commentaire: 0

RAPPORT DE FIN DE CHANTIER D’EVA Janvier 2017

Me voilà rentrée en France depuis le 5 Janvier et la réadaptation est si difficile à vivre que je ne sais pas par où commencer pour vous raconter mes trois dernières semaines.

Lors de ma troisième semaine, les compositions ont commencé pour les élèves. Le démarrage de celles-ci s’est avéré quelque peu compliqué pour moi : le directeur de l’école et moi-même n’étions pas tout à fait d’accord sur les tâches qui m’étaient données puisqu’il me semblait y avoir confusion entre soutien scolaire, aide à l’enseignant et remplacement total de celui-ci. Soutenue par l’asso, nous avons fini par trouver un terrain d’entente et j’ai terminé la semaine en effectuant les corrections des compositions. J’ai pu constaté de grandes différences de niveaux entre les élèves : un niveau soit très élevé, soit très bas. Il n’existe pas (en tous cas, pas à ma connaissance) de différenciation pédagogique comme on peut en voir en France (le fait d’analyser les difficultés des élèves et d’établir des petits groupes de travail pour améliorer les compétences des élèves en fonction de leurs lacunes) à cause du manque d’enseignants mais aussi d’espace. J’aurai aimé pouvoir établir cela mais le temps me manquait puisque les vacances arrivaient et la période des compositions ne le permettaient pas. Néanmoins, cette dernière semaine d’école m’a permise d’en comprendre le fonctionnement, d’observer les points à travailler afin de favoriser au mieux l’épanouissement des élèves. Le dernier jour d’école fut très émouvant puisque les élèves et moi savions bien qu’à part dans la rue, ce serait le dernier jour que nous nous verrions.

La quatrième semaine était la première semaine de vacances. Le rythme était plus relâché (pas d’animation, pas de rendez-vous pour les enfants de la rue…). J’avais un peu de mal à accepter cela car, ne restant qu’un mois, j’avais l’impression de ne pas travailler suffisamment, que le temps serait perdu. Mais il faut bien comprendre que l’association n’a pas d’autre congés que ceux-ci et qu’il faut bien que les membres se reposent un peu. De plus, nous nous sommes quand même réunis afin de préparer le projet « Sourire de Noël », projet que j’avais choisi lors de mon inscription pour cette mission humanitaire. Celui-ci s’étalait sur trois jours (du 23 au 25 décembre) et demandait beaucoup de préparation en terme d’organisation et de budget qui s’avérait assez élevé.
En attendant que ces trois jours arrivent, nous nous sommes détendus et le temps libre étant plus présent, nous avons encore et encore tissé des liens.
Les trois jours de folie ont alors débutés. Le samedi 23 était destiné à célébrer Noël avec les enfants de l’animation. L’association AMAGAN (venant en aide aux enfants de la rue en les accueillant, en les scolarisant et en les réinsérant dans la vie sociale) est alors venue nous présenter un spectacle exceptionnel réunissant les membres (à la percu) et les enfants (à la danse). Les enfants de l’animation, tous comme les volontaires, en ont pris plein les yeux et ont passé un excellent moment de partage. Nous avons pris le repas avec eux et des cadeaux ont été offerts par le père noël en personne aux enfants d’AMAGAN.

Le lendemain, nous sommes partis à Kouniko afin de célébrer Noël avec ses habitants. Ce n’était pas une journée évidente car j’ai l’habitude de la passer avec ma famille et qu’elle me manquait beaucoup mais les djembés, les chants, l’ambiance étaient évidemment au rendez-vous (le sodabi aussi…) et surtout, ma deuxième famille était là pour me remonter. Nous avons fini la soirée autour d’un feu à écouter l’histoire de Kouniko (Je mentirai si je disais que j’ai tout compris…) et à danser, danser et danser.
Le 25, le père noël est revenu pour distribuer des cadeaux à tous les enfants de Kouniko. Nous étions tous réunis pour assister à cela, chanter avec les enfants, les voir heureux, s’empressant les uns les autres de montrer leurs cadeaux à leurs camarades. Puis il a fallu (difficilement) dire au revoir car notre nouvelle volontaire Charlotte arrivait le soir même !

Les jours avançaient et j’avais du mal à croire que je devais déjà bientôt partir. Quarante jours, c’est beaucoup trop court… Le nouvel an est vite arrivé, ainsi que ma soirée européenne (je vous passe quelques détails car je me rends bien compte que je suis en train d’écrire un roman), et me voilà en France.

Personne n’est responsable de cela mais j’ai comme un sentiment d’inachevé tant j’aurai aimé pouvoir encore rester et partager avec toutes les merveilleuses personnes que j’ai eu le chance de rencontrer. Je ne les remercierai jamais assez pour ce qu’ils m’ont apportée, de m’avoir fait tant grandir en si peu de temps, d’avoir su me poser les bonnes questions, me comprendre, me conseiller, me faire découvrir leur culture, leur quotidien et surtout, leurs valeurs.
Bien entendu, nous avons parfois des désaccords mais ceux-ci ne durent pas car, au sein de cette grande famille, tout le monde finit par être compris d’une manière ou d’une autre et que, quoiqu’il arrive, nous sommes là pour la même cause.

Même si je suis contente de revoir mes proches, j’ai beaucoup de mal à encaisser mon retour (sans vouloir faire peur aux prochains volontaires, une personne n’est pas l’autre) et tente de l’accepter en faisant doucement grandir un projet dans ma tête dont je vous parlerai prochainement si celui-ci est réalisable et pour lequel j’aurai besoin de votre précieuse aide.

Je n’aurai malheureusement pas la chance de vous écrire un prochain rapport dans deux semaines, mais j’espère pouvoir vous en écrire un le plus rapidement possible puisque cela voudra dire que je serai revenue au Togo.

A très très TRES vite et encore une fois… MERCI.
Love Love Love.

Éva DELEFORTRIE